Notre avis - Paradise


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Paradise, le quatrième jeu de Benoît Sokal reste dans la lignée des précédents, un univers enchanteur dans des décors grandioses.

Le jeu prend place en Afrique, dans un pays imaginaire, la Maurannie. Dirigé d'une main de fer par le roi Rodon ce pays est en pleine guerre civile. Le roi est sur le point d'être renversé par la rébellion. Un avion s'écrase avec à son bord une femme, Ann Smith. Amnésique après l'accident elle se retrouve dans un harem de la ville de Madargane. On se rend vite compte que son destin est intimement lié à la Maurannie et au fameux léopard noir.

Benoît Sokal reste vraiment dans la tradition de ses jeux précédents (L'Amerzone et surtout Syberia 1 et 2). Des décors sublimes en 2D avec des effets de lumières à couper le souffle. De la ville de Madargane au Coffre Noir en passant par le village dans les arbres, tous les décors rencontrés sont grandioses. Les personnages, en 3D eux, sont plus ou moins bien intégrés dans ces décors. Sans oublier la faune locale très exotique comme dans tous les jeux signés Benoît Sokal. De la gazeline au polopolos (sorte de chauve-souris) une grande place est accordée aux animaux. Ces animaux seront donc bien souvent au centre des diverses énigmes à résoudre.

Malheureusement les personnages secondaires sont peu nombreux. On passe très peu de temps avec chacun d'entre eux et on ne s'y attache pas vraiment. Dommage et petit bémol donc.

Mais aussi bien pour Ann Smith que les personnages secondaires, leurs voix françaises sont de très grande qualité, on ressent bien toutes les émotions des personnages.

Nous nous retrouvons ici avec un point and click tout ce qu'il y a de plus traditionnel. L'icône change toute seule en fonction des actions à effectuer. Par moment on doit s'y reprendre à plusieurs fois pour que le personnage fasse ce qu'on lui dit, mais rien de très embêtant. Par contre, les phases nocturnes avec le léopard en 3D temps réel, au nombre de trois dans le jeu, sont un vrai calvaire à diriger et ne sont absolument d'aucune utilité. On peut heureusement les passer en appuyant sur la touche "Esc" sans rien perdre du scénario.

Les énigmes sont toujours extrêmement logiques. On ne bloquera pas très longtemps, c'est très linéaire. Comptez de 8 à 10 heures pour en venir à bout sans soluce. Mais l'histoire est tellement captivante que ce sont 10 heures de très grande qualité. Les rares difficultés consistent à ne pas la louper un chemin car ils sont par moment pas très faciles à distinguer. La fin arrive très vite, on ne s'attend vraiment pas à ce que le jeu finisse à ce moment-là.

White Birds Productions sort là son tout premier jeu. Hormis les quelques soucis de maniabilité et le manque de personnages secondaires attachant, rien à redire sur ce jeu.  Il n'est pas parfait, mais ça reste quand même une réussite sur beaucoup de points de vue : décors, voix, histoire.  Avec monsieur Sokal aux commandes il ne pouvait en être autrement. Vivement le prochain!

Ben


Paradise nous plonge au cœur d’un pays d’Afrique imaginaire, déchiré par une guerre civile, dans laquelle des rebelles tentent de renverser le pouvoir tenu d’une main de fer par le vieux roi Rodon…

Utilisant la même recette qui a fait le succès (largement mérité) des deux épisodes de Syberia, de la 2D mélangée à de la 3D, Paradise n’innove pas vraiment graphiquement, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. On retrouve donc de très beaux décors et effets de lumière, même si ceux-ci sont quelque peu inégaux. En effet, je trouve certains décors assez fades et ternes, et un peu en deçà de ceux de Syberia. Le déplacement de personnage reprend le même moteur également.

On se retrouve donc dans la peau d’Ann Smith, amnésique après le crash de son avion, hébergée et soignée dans le harem d’un prince, et celle-ci va bien évidemment vouloir sortir rapidement de ce harem, et j’allais rajouter, nous aussi ! Car l’aventure a franchement du mal à démarrer, on s’ennuie ferme dans ce début d’aventure, l’ambiance est assez plate, les énigmes peu intéressantes, bref, on souhaite vite passer à autre chose… !

 Le principal problème de Paradise, c’est le manque d’attachement et d’affection que l’on peut ressentir pour le personnage principal, on est loin de la Kate Walker que l’on voulait suivre coûte que coûte, ici on sait peu de choses sur elle, les personnages secondaires sont peu bavards, et l’héroïne ne fait jamais de commentaires personnels sur ce qu’elle peut ressentir au cours de son aventure (ou même sur les endroits qu’elle visite ou les objets qu’elle peut prendre), ce qui fait que l’on s’implique très peu dans son histoire.

Le scénario (et les énigmes) ne décolle franchement qu’au milieu de l’aventure (j’avoue m’être profondément ennuyé jusqu’à l’arrivée à Zamarat), c’est un peu maigre, car finalement on a tendance à arriver à la fin du jeu rapidement. Les énigmes sont plutôt simples, il suffira d’utiliser le bon objet au bon endroit pour en venir à bout.

On peut reprocher cependant un curseur qui n’est pas des plus ergonomiques (une boule avec des items changeants selon l’action possible), et qui est franchement imprécis : en effet, il faudra être très patient et ne pas être récalcitrant à effectuer la chasse aux pixels dans certains tableaux du jeu, car la forme du curseur change de façon tellement imprécise que l’on peut passer à côté d’un élément important en étant victime de ce défaut…Autre défaut pénible, c’est cette autre imprécision à certains endroits pour diriger l’héroïne, en effet, cliquez à gauche et celle-ci se dirigera à droite, et inversement, ça peut être franchement agaçant au bout d’un moment… !

L’inventaire est assez simple d’utilisation, certaines combinaisons d’objets seront possibles, ainsi que la lecture de documents qui éclaireront progressivement le joueur sur les tenants et aboutissants de l’histoire…

Les cinématiques, c’est là le point fort du jeu, sont somptueuses, elles favorisent une bonne immersion. Les musiques en revanche, même si elles sont réussies, manquent un peu de variété. On retrouve l’inénarrable bestiaire fantastique de Sokal, c’est toujours un vrai plaisir de découvrir les animaux sortis tout droits de son imagination, et on aurait aimé que ceux-ci soient encore plus impliqués dans l’histoire et les énigmes.

Les voix des personnages sont correctes, même si elles manquent d’intonation et d’expression par moments.

Autre bémol, c’est la place qu’occupe le léopard dans l’histoire. On sent qu’il y avait là quelque chose de fort à développer, les rapports entre Ann et son léopard, qui se retrouvent petit à petit après des années de séparation, mais jamais on ne sentira vraiment l’affection qu’ils peuvent avoir l’un pour l’autre. Les 3 passages en 3D où l’on dirige le léopard sont eux aussi mal exploités, on sent qu’il y avait une idée originale, mais celle-ci est mal développée. J’avoue n’avoir réussi à mener à son terme que le 3ème passage, les deux premiers étant un peu obscurs pour moi, je les ai zappés avec la touche "Esc"…

Le final de Paradise laisse place au doute, même s’il était finalement prévisible, mais il vient un peu trop rapidement, il est un peu dommage de terminer l’aventure là où elle commençait vraiment à être passionnante…

Paradise laisse le joueur sur sa faim. Là où l’on pouvait attendre un jeu exceptionnel dirigé par un maître du genre, il ne reste qu’un bon jeu d’aventure, point. C’est déjà pas mal, mais on pouvait s’attendre à un jeu d’une plus grande envergure. Paradise reste tout de même un bon jeu, avec un univers original comme sait si bien  les créer Sokal, mais les nombreux défauts et le manque de rythme du scénario pourront en rebuter quelques-uns. Le problème de Sokal, c’est peut-être de nous avoir habitués à l’excellence, alors, lorsque l’on trouve des défauts, on ne peut s’empêcher d’être profondément déçu…



Makidoo