Notre Avis - Post Mortem


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Vous incarnez Gus McPherson, ex-détective New-Yorkais (doté d’un don de voyance, qui plus est !), qui a quitté son pays et sa profession pour se reconvertir en artiste peintre dans le Paris des années 20.

Aventure à la première personne (mais vous voyez par contre votre personnage dans certaines situations : cinématiques et dialogues), avec une vision à 360°, des décors incrustés en 2D et des personnages modélisés en 3D, Post Mortem (autopsie en anglais) se présente comme une enquête plutôt sombre. En effet, une mystérieuse et charmante jeune femme du nom de Sophia Blake vous demande d’enquêter (et pour le coup, de rempiler pour le boulot de détective, flûte, vous allez être obligé de laisser de côté votre carrière d’artiste si prometteuse... !) sur le crime sordide d’un couple (apparemment la sœur et le beau-frère de Sophia) à l’hôtel Orphée, dont les victimes ont été sauvagement décapitées dans leur chambre.



La première cinématique du jeu est plutôt réussie, Paris, la nuit, dans une ambiance austère...

Seulement le traitement graphique du jeu ne sera pas toujours de la même veine...En effet, certains personnages sont simplement incrustés dans le décor, et donc complètement statiques, et il est donc aisé de repérer quels sont les éléments et personnages avec lesquels vous pourrez avoir une interaction. En revanche les lumières et couleurs employées apportent une note de réalisme à l’atmosphère sombre dans laquelle vous évoluerez, et les lieux visités (même s’ils sont peu nombreux) sont assez réalistes et réussis. La musique est sympathique et adaptée à l’époque, sans être non plus renversante.



Le système d’enquête est renforcé par le choix multiple des dialogues : vous avez la possibilité de choisir l’attitude et le ton des répliques que votre personnage emploiera (froid, curieux, intense, hésitant, sympathique, etc.), mais ce système, s’il ajoute un plus à l’évolution de l’histoire (vous obtiendrez certains indices en fonction de votre choix), n’est absolument pas exempt de défauts. Tout d’abord, les dialogues sont parfois longs et il est impossible de les passer, mais c’est surtout le doublage qui gâche complètement ce système, puisque jamais le ton de la voix de Gus ne semble changer, alors que l’attitude choisie impliquerait une modification d’intonation. Mais la voix de Gus reste désespérément monocorde, et qui plus est, son accent soi-disant américain laisse plutôt penser qu’il est allemand, mais là, je chipote... ! En revanche, il y a parfois la possibilité d’arriver à vos fins par plusieurs moyens (notamment l’entrée dans la chambre d’hôtel).

Le gameplay est des plus simples, tout se joue à la souris, un clic gauche pour les actions, un clic droit pour accéder à l’inventaire. Une bonne idée en milieu de parcours : celle de changer de peau, car vous allez incarner un second personnage, vous vivrez l’histoire que Jacques Hellouin raconte à Gus McPherson.

Les énigmes rencontrées sont assez variées et d’un niveau inégal. Le principe de la recherche des erreurs sur les 2 toiles, ainsi que l’énigme de la fresque de l’Alambic, sont plutôt sympathiques et cohérentes, puisque votre personnage a, rappelons le, un goût prononcé pour l’art. En revanche, certaines énigmes sont un peu plus tirées par les cheveux, ou même quasiment infaisables, faute d’indices et de lisibilité (le portrait robot ou l’énigme de la crypte), ce qui pénalise fortement le joueur (et le jeu, par la même occasion).

Le scénario est assez riche, et permet tout de même de tenir le joueur en haleine (même si le thème des Templiers et de Baphomet semble un petit peu suranné, et que la conclusion est plutôt prévisible...), et la durée de vie est assez convenable (même si un peu courte tout de même).

L’intrigue laisse place à 3 fins différentes (en fonctions de vos choix tout au long de l’histoire, mais aussi à la dernière scène), qui laissent la place à un dénouement plus ou moins heureux...


Post Mortem se révèle être un jeu d’aventure inégal, qui aurait mérité un traitement un peu plus poussé au niveau de sa réalisation (doublage et graphismes). De bonnes idées (le choix des dialogues), mais mal, ou pas assez exploitées, un scénario intéressant lui aussi, mais des énigmes parfois trop difficiles le pénalisent tout autant. C’est dommage, car l’ambiance créée est tout de même réussie, et la prise en main est des plus simples. Mais mieux vaut retrouver Gus McPherson et sa petite fille dans le bien meilleur « Still life », même si cette première aventure du détective peut tout de même ravir les joueurs amateurs d’enquête policière et d’ambiance sombre.

Makidoo