Interview de Michel Bams et Benoît Sokal - Interviews


Michel Bams et Benoît Sokal sont deux des quatre fondateurs de la nouvelle société White Birds Production. Michel Bams s'occupe de la vente et du marketting tandis que Benoît Sokal est directeur artistique. Leur prochain et premier jeu se nomme Paradise et fait le sujet de cette interview.







Bonjour et merci d'avoir accepté de répondre à nos questions sur Paradise. Il y a très peu d’informations dévoilées sur ce jeu pour l'instant et nous sommes vraiment très reconnaissant que vous acceptiez de nous en donner d'avantage.

  Padichah : Pour commencer cette interview, pouvez-vous vous présenter brièvement et dire un mot sur votre toute jeune société, White Birds Productions ?

Michel Bams - Benoît Sokal : Nous avons créé cette société à 4, et nous travaillons ensemble depuis pratiquement 10 ans. L’idée de base est de créer des contenus « multi-supports » : jeux vidéos, BD, séries TV, films… En un peu plus d’un an, nous avons recruté 12 personnes et fait entrer Casterman à notre capital.


Padichah : En ce qui concerne votre prochain et premier jeu, Paradise, Pouvez-vous nous résumer en quelques lignes son scénario ?

  M.B - B.S : C’est une aventure africaine, qui met en scène une jeune femme : Ann. Elle est la fille d’un dictateur en fin de règne, mais lorsque l’aventure débute, elle est amnésique. Tout au long de sa quête, elle est accompagnée par un léopard noir, qu’elle doit ramener vers les terres qui l’ont vu naître.


Padichah : Le jeu serait découpé en quatre mondes. Pouvez-vous nous donner une légère description de chacun ?

M.B - B.S : Le pays imaginaire, la Mauranie, est immense et va, au Nord, de paysages sub-sahariens, puis, au fur et à mesure que l’on va vers le Sud, une Afrique Noire avec ses grandes plaines. Tout le pays est traversé par un grand fleuve.
Le monde 1 est la ville de Madargane, au Nord du pays.
Le monde 2 est la Cité des Baobabs ou vit la tribu des Molgraves
Le monde 3 est une mine d’émeraudes
Enfin, le monde 4 est un gigantesque bateau, palais flottant du Roi Rodon


Padichah : D'où vous est venu l'idée de ce scénario ?

  M.B - B.S : Comme souvent, de lectures, de films… Et puis, étant belge, mon enfance a été nourrie d’histoires de l’ex Congo. Histoires parfois merveilleuses, parfois sordides…


Padichah : Quelle place prendra le fantastique dans l'aventure ? A-t-on affaire à un monde totalement imaginaire, bien que la situation géographique soit réelle ?

M.B - B.S : Oui et non. Certains éléments sont réalistes, d’autres sont purement fantaisistes. Mais j’aime que le fantastique soit « presque vrai »… On pourrait y croire, bien que l’on sache que cela est improbable. Par exemple, la tribu des Molgraves vit dans les arbres et chaque membre s’efforce, toute sa vie durant, de ne jamais toucher le sol. C’est étrange, mais certaines tribus réelles ont des modes de vie au moins aussi étranges.


Padichah : Depuis l'Amerzone, et avec Syberia et Syberia 2, vous semblez prendre un malin plaisir à créer un bestiaire fantastique et imaginaire, et au vu des premiers artworks de Paradise, on peut également supposer l'apparition de nouvelles créatures... D'où vous vient cette inspiration fabuleuse en matière d'animaux fantastiques ?

M.B - B.S : J’aime bien les animaux. J’aurai pu être vétérinaire si je n’avais pas été dessinateur. Dans ce domaine aussi, la nature a produit des espèces tellement bizarres quelquefois, que les créatures que je crée pourraient sembler réelles.

Padichah : La nature (et sa préservation) semble être un de vos domaines de prédilection dans vos jeux. L'écologie et le jeu vidéo d'aventure seraient-ils compatibles ?

M.B - B.S : Je ne me sens pas « écologiste », même si j’ai conscience que la nature est fragile et que nous devons être attentifs. Je n’ai pas le sentiment de faire passer des messages dans mes jeux. Je raconte des histoires, qui ne sont pas habituelles dans le domaine du jeu vidéo. Puis, c’est l’imagination et la sensibilité des joueurs qui remplissent leur rôle… Quand on va voir « Out of Africa » au cinéma, le film ne revendique pas de message écologique, et pourtant, au-delà de l’histoire principale, c’est aussi ce message là qui passe.


Padichah : On connaît votre passion (que nous partageons d'ailleurs) pour la bande dessinée. Paradise a-t-il reçu une quelconque influence de cette dernière ?

  M.B - B.S : Non. Mais « Paradise » est adapté en bande dessinée. Ceci dit, la bande dessinée est le mode de création qui m’influence le plus quand il s’agit de choisir des angles de caméra ou de « découper » une cinématique.


Padichah : Nous n'avons donc pas beaucoup d'information sur les graphismes du jeu ou la modélisation des personnages. Je crois savoir que vous vous servez d'un moteur gérant la 2D et 3D. Cela induit un environnement du même type que celui de Syberia ?
Nous avons créé un moteur, qui gère des personnages en 3D dans des décors en 2D. En parallèle, pour nos prochaines productions, nous réfléchissons à de la 3D intégrale.

Padichah : Le gameplay du jeu sera-t-il du point and clic ?

M.B - B.S : Oui.


  Padichah : Anne, l’héroïne, sera-t-elle le seul personnage contrôlable par le joueur ?

M.B - B.S : Non… Mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.


Padichah : Paradise est prévu pour le premier trimestre 2006 mais toujours aucun screenshot, aucune vidéo, à quand une démo alors ?

M.B - B.S : La prochaine étape est l’ouverture du site officiel, prévue mi-septembre. Nous y travaillons avec notre éditeur pour l’Europe, Micro Application. Le site permettra de diffuser des images et une démo.


Padichah : Nous avons pu lire qu'une BD de Paradise était réalisée, en parallèle du jeu, par Brice Bingono. Dans quel but faites-vous cette bande dessinée ? Faut-il jouer au jeu et lire la bande dessinée comme vraiment deux choses bien différente ou il existe un lien entre les deux hors scénario ?

  M.B - B.S : C’est la même histoire, les mêmes personnages, mais c’est raconté différemment. La BD sera en 4 volumes, correspondant aux 4 mondes du jeu. La BD nous permet de développer certains aspects, d’en mettre d’autres de côté… Nous nous sommes aussi autorisés une approche plus « adulte », avec de la nudité par exemple, alors que ce n’est pas le cas dans le jeu vidéo.
De ce point de vue, les médias sont complémentaires. Mais ils sont aussi parfaitement autonomes. Pas besoin de lire la BD pour trouver des indices pour le jeu, par exemple.


Padichah : Pourquoi avoir confié cette bande dessinée à quelqu'un d'autre alors que Benoît Sokal aurait pu le faire en tant que scénariste et dessinateur ? (Bien que nous n’avons rien contre Brice Bingono, au contraire.)

M.B - B.S : Par ce que Brice a beaucoup de talent et que, en BD, je commence à avoir en vie de « passer la main », progressivement.


  Padichah : Le prochain projet de White Birds Productions serait Aquarica, une histoire sur les baleines. Auriez vous des informations sur ce jeu ou avez vous juré de ne dire aucun mot sur le sujet ?
Je ne peux pas en dire grand-chose. Vous savez déjà qu’il s’agit de baleines. J’ajouterai qu’elles sont géantes, vraiment grandes, au point que les hommes pensent qu’il s’agit d’îles…


Padichah : Avez-vous quelque chose à rajouter pour finir cette interview ?

M.B - B.S : Merci de vous intéresser à mes jeux.
Et aux joueurs, multipliez les expériences : lisez, allez au cinéma, voir des expos…

Merci encore d'avoir répondu à nos questions, en espérant que White Birds Productions réalise encore de nombreux jeux pour les passionnés que nous sommes.

Interview réalisée le 25 août 2005



White Birds Production
Micro Application
Preview de paradise
Un site pour en savoir plus sur la Mauranie