Notre Avis - Discworld Noir
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Discworld Noir tourne résolument le dos à ces deux prédécesseurs en matière d’ambiance, à savoir, comme son nom l’indique, que l’atmosphère va être résolument "noire" dans cette sombre histoire... !
Mais ne nous détrompons pas, l’histoire se passe toujours à Ankh-Morpok, et toute ressemblance avec des lieux ou personnages imaginés par l’écrivain Terry pratchett est tout à fait...volontaire ! Car on retrouve tout de même l’univers totalement décalé du Disque-Monde, et les répliques du jeu (très, très nombreuses !) vous feront passer un bon moment de rigolade, ou tout au moins vous feront-elles sourire par leur drôlerie et leur cynisme.
La réalisation du jeu est une vraie réussite, elle tranche elle aussi avec les deux premiers épisodes tout en 2D, puisque l’on a des personnages modélisés en 3D dans des décors 2D. Toujours est-il que l’intégration des personnages et leur fluidité est parfaite (le traitement des protagonistes est un soupçon plus réaliste lui aussi). On se retrouve rapidement plongé dans l’ambiance glauque d’Ankh-Morpok, puisque le parti-pris de ce jeu est de n’évoluer que par temps de pluie et d’orage, et, cela va de soi, la nuit ! Tout l’introduction du jeu est assez longue, et on assiste à de très belles cinématiques.
Le personnage principal, Lewton, ex-flic repenti en détective privé, est un stéréotype du détective façon Philipp Marlowe (ou Humphrey Boggart pour le cinéma) : un vieil imper et un borsalino sur la tête, une voix grave et rauque, mal rasé et un flegme à toute épreuve ! Tout l’univers fait d’ailleurs penser à ces vieux films en noir et blanc : "Le faucon Maltais", "Le Grand Sommeil" ou encore "La soif du Mal". Le traitement graphique et notamment les jeux de lumières (les éclairs sont abondant) sont remarquables, il est d’ailleurs conseillé de jouer plutôt le soir pour avoir une meilleure visibilité.
Le scénario est digne d’un bon polar, vous partez sur les traces d’un homme disparu, et tout cela va vous emmener dans des ramifications impressionnantes, déjouant complots et meurtriers, le tout sur une musique jazzy.
A la manière d’un véritable détective menant son enquête, vous serez amené à interroger de nombreux personnages pour faire avancer l’histoire et obtenir des indices, les éléments essentiels s’inscrivant dans votre carnet. Vous aurez aussi un inventaire, comme dans tout bon jeu d’aventure, mais celui-ci ne sera jamais véritablement chargé (vous aurez déjà beaucoup à faire avec vos divers indices).
De nombreux dialogues, donc, de nombreux personnages, les lieux quant à eux se limitent à Ankh-Morpok et s’ajoutent automatiquement sur votre plan en fonction de votre progression (vous visiterez néanmoins de nombreux recoins d’Ankh-Morpok...).
Le doublage est plutôt réussi, on peut néanmoins trouver la voix de Lewton un peu monotone à la longue...
Tout se joue à la souris (clic droit-clic gauche), que ce soit pour vos déplacements ou l’utilisation de votre inventaire ou carnet.
La difficulté de Discworld Noir est assez élevée, puisque vous devrez résoudre les énigmes de différentes manières au fil du jeu, soit en progressant dans les dialogues, soit en utilisant des objets, soit en utilisant des indices collectés sur divers éléments interactifs, ou encore, sans trop vouloir dévoiler le déroulement de l’intrigue, en utilisant le système des odeurs...Cette variété de possibilités ajoute à la difficulté, et vous pourrez parfois rester bloqué, ne sachant plus trop lequel de ces choix opérer. En revanche, aucun puzzle ne pointera le bout de son nez dans ce jeu !
La durée de vie est vraiment très impressionnante, les différents actes du jeu sont tous très longs, vous aurez énormément de choses à faire, de lieux à visiter, et, je le répète, de personnages à interroger au fil de votre enquête, tout cela régulièrement ponctué par des cinématiques toutes très réussies.
C’est peut-être ce système d’enquête qui peut s’avérer pénible pour certains (le fait d’interroger tous les personnages sur tous les sujets possibles ou tous les objets collectés), mais il ne faut pas oublier le parti-pris du jeu : vous êtes un détective privé !
Certes beaucoup moins drôle que Discworld 1&2, Discworld Noir n’en demeure pas moins un jeu doté d’un humour plein d’esprit et de références à notre propre univers (tout comme dans l’oeuvre de Terry Pratchett), avec une touche de cynisme supplémentaire (polar oblige !).
Discworld Noir est un excellent jeu d’aventure (passionnant, riche, et long), doté d’une très belle réalisation : un "must" pour tous les amateurs !
Makidoo